Ensemble de Décorations Coloniales Attribuées à un Administrateur en Indochine

990,00 

Ensemble de cinq ordres coloniaux attribués à Jean-Louis Bicail. Né à Tunis le 2 novembre 1909 et décédé au Tholonet le 18 avril 1991, il est diplômé de l’École des sciences politiques et licencié en droit. Il effectue son service militaire du 15 octobre 1933 au 15 octobre 1934 avant de devenir officier interprète de réserve de l’Armée de l’air.

Il intègre les Services civils de l’Indochine comme rédacteur le 8 juillet 1937, puis est nommé administrateur adjoint le 1er janvier 1940. Après la guerre, il poursuit sa carrière au sein des Services civils de l’Indochine et est promu administrateur de 2e classe le 1er janvier 1948.

Son dossier personnel conservé aux archives comporte la mention « Interné politique ». Le contenu du dossier n’étant pas consultable en ligne, les circonstances exactes de cet internement demeurent inconnues. Plusieurs hypothèses peuvent être envisagées, la plus vraisemblable étant un internement par les autorités japonaises à la suite du coup de force du 9 mars 1945 en Indochine.

D’après le témoignage transmis par sa famille, Jean Bicail a été torturé durant sa captivité et a conservé des séquelles aux pieds jusqu’à la fin de sa vie. Toujours selon sa famille, il a poursuivi sa carrière administrative au Dahomey après son passage en Indochine.

D’intéressantes recherches restent à mener sur son parcours, notamment afin d’éclaircir les circonstances exactes de son internement et son rôle durant les années troublées de la Seconde Guerre mondiale en Indochine.

Le lot de décorations est composé de :

– Tunisie : Ordre du Nichan Iftikhar (Ordre de la Gloire), Officier.

Étoile à dix branches sur laquelle sont rapportées dix branches émaillées. Monogramme de Muhammad El Hadi Bey (1902-1906) en son centre, en émail vert. Fabrication locale, présence du poinçon de la Monnaie de Tunis au revers. Ordre dans son écrin d’origine malheureusement endommagé. Le couvercle est désolidarisé du reste de l’écrin, la charnière étant manquante.

– Laos : Ordre du Million d’Éléphants et du Parasol Blanc, Chevalier.

Décoration récompensant les mérites civils et militaires contribuant au développement du Royaume ainsi que le dévouement envers celui-ci.

À l’avers, on observe un éléphant blanc à trois têtes (Erawan), dont les fronts sont ornés d’un tissu rouge. Sous celui-ci figure une couronne de laurier dorée entourant une queue de paon stylisée de couleur verte. Au-dessus de l’éléphant se dresse un parasol royal blanc à sept étages, séparé de la composition centrale par quatre écussons oblongs dorés. L’ensemble est surmonté d’un ruban rouge terminé par des volutes dorées portant l’inscription en écriture lao « Lan Sang Hom Khao Luang Prabang », qui se traduit par « Le Million d’Éléphants et le Parasol Blanc de Luang Prabang ». Cette devise fait référence à l’héritage historique du royaume lao de Luang Prabang et à l’ancien royaume du Million d’Éléphants.

Ordre dans son écrin d’origine.

– Cambodge : Ordre royal du Muniséraphon, Chevalier.

L’insigne se compose d’une couronne formée de feuilles de palmier d’un côté et de feuilles de laurier avec leurs baies de l’autre, renfermant en son centre une coupe sur laquelle repose un livre fermé. Insigne sans son écrin d’origine.

Créé le 1er février 1905 par ordonnance royale, cet ordre est destiné à récompenser les Cambodgiens ou étrangers qui se sont distingués dans les domaines de l’enseignement, des sciences, des lettres ou des arts.

– Cambodge : Ordre royal du Cambodge, Chevalier.

L’avers est constitué d’un médaillon ovale en émail bleu chargé des armoiries royales dorées : une coupe, une épée horizontale et la couronne royale. Celui-ci est ceint d’un anneau en émail rouge et posé sur une étoile à huit branches aux rayons facettés.

Ordre dans son écrin d’origine.

Créé en 1864 par le roi Norodom Ier, l’Ordre royal du Cambodge était décerné aux civils et militaires, cambodgiens ou étrangers, s’étant distingués par leurs services éminents rendus au Royaume du Cambodge. Sous la période du protectorat français, il fut également attribué à des fonctionnaires, officiers et militaires ayant servi avec distinction en Indochine française.

– Cambodge : Ordre royal du Sowathara, Chevalier.

À l’avers, le centre est constitué d’un disque en émail vert représentant en doré le pavillon à trois tours d’Angkor Vat. Ce médaillon est entouré de quatre groupes de cinq rayons de même longueur, légèrement bifides à leur extrémité. Entre ces groupes figurent respectivement des gerbes de maïs, de coton, de riz et des feuilles de palmier. La décoration est suspendue à une représentation de la Déesse de la Terre essorant sa chevelure.

Ruban de couleur vert pomme. Ordre dans son écrin d’origine de la maison Chobillon à Paris. Fermoir incomplet.

Etat : Ensemble en bon état général